Trucs & Astuces

L'hôtellerie : un peu d'histoire

Par , 3 décembre 2013

Partie 1 – L’hôtellerie antique

Comment s’est développée l’hôtellerie ? Quels furent les premiers hôtels ? Comment d’autres civilisations ont envisagé l’accueil des voyageurs ?

Ces nombreuses questions historiques et culturelles ont été peu abordées par les acteurs du marché hôtelier alors qu’elles permettent d’en comprendre les origines et les transformations.

trivago Magazine se propose de vous faire découvrir au cours de cette série d’articles les différentes facettes de l’hôtellerie, de ses débuts à nos jours.

Un hôtel antique ?

Définir les prémices de l’hôtellerie est un exercice relativement difficile du fait de l’absence totale de réseaux organisés, de droits applicables entre l’hôtelier et l’hôte et plus simplement d’hôtel au sens de lieu dédié à l’hébergement.

Et pourtant, dès les premières civilisations marchandes s’est posé le problème de l’accueil des étrangers. Venus d’une ville voisine ou d’une contrée reculée, ce sont le plus souvent des officiels ou marchands accompagnés de leurs gens et escortes.

Voyageant sur terre ou mer, le trajet est long, dangereux et nécessite de nombreuses haltes. Sous l’empire romain, un trajet Rome-Athènes (env. 1050km) en traversant la mer Adriatique prenait ainsi une dizaine de jours suivant la clémence des éléments. Un voyage entre Marseille et Alexandrie (env. 2540km) prenait près d’un mois, alors que dire des voyages d’un bout à l’autre de l’empire !

D’autant que l’insécurité sur les routes terrestres ou maritimes, qu’elle soit criminelle avec le banditisme ou la piraterie, ou sanitaire avec les épidémies, n’incite nullement à dormir à la belle étoile.

[caption id="attachment_742" align="aligncenter" width="440"]Greek trireme boat - Old greek trireme boat on the ocean next to rocks by sunset Vieux bateau grec
© Elenarts – Fotoliacom[/caption]

Il devient donc essentiel à la prospérité des centres économiques de pouvoir accueillir et surtout protéger les marchandises, accessoirement leurs détenteurs si possible.

Cette hospitalité antique peut se décliner sous trois modes d’hébergement suivant les moyens du voyageur.

 

1. Chez l’hôte si c’est un parent, un proche, un partenaire commercial de confiance ou une personnalité influente.


La pratique courante à l’époque était d’établir un accord d’hospitalité, par amitié et loyauté, pouvant se transmettre sur plusieurs générations. Le témoin matériel de ce contrat est appelé une tessère, souvent un jeton, un bâton ou une tablette gravée identifiant les parties et que l’on brisait en deux. Le possesseur d’un des morceaux, ou sa descendance, pouvait ainsi réclamer le droit d’hospitalité grâce à cette preuve. L’hôte ne pouvant lui renier ce droit sans entacher sa réputation.

On imagine aisément la surprise d’avoir devant sa porte quelqu’un réclamant le gite sous prétexte qu’un de ses ancêtres a signé un contrat d’hospitalité des années auparavant…

[caption id="attachment_746" align="aligncenter" width="900"]Forum romanum Forum romanum © byggarn.se – Fotolia.com[/caption]

 

2. Dans les sanctuaires et temples.


Au début lieu de refuge et de protection pour les pauvres et opprimés, les lieux de cultes s’adaptent de plus en plus à une population marchande. Leurs enceintes accueillent les caravanes et autorisent les commerçants à poser leurs tentes.

L’hospitalité est toujours couverte par le droit d’asile, mais il n’est pas exclu qu’une généreuse offrande au temple puisse faciliter le séjour du caravanier.

[caption id="attachment_747" align="aligncenter" width="900"]Temple_de_la_Concorde,_Agrigente By Leodekri via Wikimedia Commons[/caption]

 

3. Dans les tavernes, auberges et cabarets.


Plutôt destinés à une population rurale ou vagabonde, ces établissements par leurs activités ont très mauvaises réputations, mais proposent néanmoins le coucher.

Lieux de débauche, de jeux et de foires d’empoignes, il est assez risqué de s’y attarder pour la nuit.

La raison en est que les autres clients ou plus simplement le tenancier pouvaient avoir les mains agitées et la lame affutée. Le code de lois romaines imposant entre autre aux hôtes d’assurer la protection de leurs clients et bagages sous peine de lourdes sanctions, a été en ce sens une vraie révolution.

 

Avec l’essor continu des villes marchandes, l’hôtellerie s’adapte et se structure. Le droit d’hospitalité héréditaire est peu à peu abandonné car il est trop contraignant sur la durée et qu’il impose une réciprocité.

Les voyageurs recherchent de plus en plus un service d’hébergement éphémère et sûr, constituant une simple étape dans leur périple. Les personnes aisées n’ont encore aucun mal à loger chez leurs pairs, synonyme d’échanges et d’influence.

Quant aux lieux de cultes, ils pratiquent toujours le droit d’asile, ce qui jouera plus tard un rôle crucial dans le développement du christianisme par l’accueil des pèlerins et croisés.

Heureuse constante de l’histoire, il est toujours possible de se faire inviter et héberger chez sa famille et ses amis!

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